La lumière du Machia’h

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Autour de la table de Chabbath, n°478 Tetsavé-Zakhor

Leyilouï Nechama de mon grand-père ‘Hayim ben Avraham (famille Kossmann) tihié nichmato tsroura bitsror ha’haim (Jahrzeit 9 Adar-Dimanche 10 Mars)

Notre paracha traite des habits du Cohen dans le Michkan du désert. Mais au tout début est enseignée la Mitsva de l’allumage du Candélabre (la Menora). On sait que le Tabernacle possédait plusieurs ustensiles saints entre autres : l’Arche Sainte, la Table et aussi le Candélabre. Cette Menora était faite entièrement d’or avec sept branches, 3 sortaient sur chacun de ses côtés (droite et gauche) plus la lumière centrale. Au sujet de la Menora le verset dit : « Et tu ordonneras aux Bené Israël de prendre de l’huile pure concassée pour un allumage perpétuel ». Beaucoup d’explications ont été fournies sur cet allumage car on sait bien que le Sanctuaire n’a pas besoin de lumière, étant Lui-même source de lumière pour le monde entier (Guemara Chabbath 22:) ! Le Or ha’Haïm donne une allusion à son allumage grâce au saint Zohar. En effet il mentionne que le Clall Israël a vécu quatre grands exils (Babylonie, Perse, Grèce et Edom) dont le Clall Israël a été délivré par le mérite d’un patriarche. La délivrance du premier exil c’est par le mérite d’Avraham Avinou, le deuxième exil par Yits’hak, le troisième exil par Ya’akov. Le dernier exil dans lequel nous sommes est celui d’Essav (il y en a qui ajoutent aussi celui de Ychma’ël) qui perdure depuis plus de 2000 années. On sortira de cette dernière Galout par le mérite de Moché Rabbénou notre Maître. Le rav explique que le fait qu’il perdure dans le temps, plus que les autres exils, c’est que Moché Rabbénou ne veut PAS délivrer son peuple car il n’étudie pas suffisamment la sainte Tora. Et c’est l’allusion qui est faite dans le verset par : « Et toi, Moché Rabbénou, tu ordonneras aux Bené Israël de prendre de l’huile pure, c’est le symbole de la Tora qui est la lumière du monde qui devra être étudiée dans toute la pureté sans mauvaises intentions, cette huile concassée, symbole de l’étude dans toute son intensité…». Si toutes ces conditions sont réunies, alors, par le mérite de Moché Rabbénou pourront s’élever les flammes de la Menora qui représente la lumière du Machia’h tant espéré.

Pourquoi Moché Rabbénou a-t-il des difficultés pour fabriquer la Menora ? Comme la paracha traite dans son début de l’allumage de la Menora, on a voulu vous gratifier d’une explication sur la fabrication de la Menora. En effet dans la paracha précédente (Chemoth 25.31) il est enseigné que le Candélabre était fait d’un seul bloc d’or. Le Midrach rapporté par le grand commentateur Rachi dit que Moché Rabbénou peinait à comprendre sa fabrication jusqu’à ce que Hachem lui montre dans une vision de feu la forme du Candélabre, et finalement lui ordonne de jeter un kikar (mesure de plusieurs dizaines de kilos d’or) dans le feu et d’elle-même, par miracle, la Menora se forma. C’est ce que dit le verset : « Tu feras la Menora d’or pur d’une seule pièce, elle SE fera la Menora ». Le Sefat Emet, un des premiers Admor de la hassidout ‘Gour’, pose la question à savoir pourquoi le Créateur a-t–Il eu besoin de montrer à Moché la vision de la Menora si finalement elle s’est faite d’elle-même ? Il apprend de là un grand principe dans tout le judaïsme, c’est qu’un homme doit s’efforcer par toutes ses forces de faire les Mitsvoth et la Tora, mais leurs réalisations finales ne viendront que par l’aide du Ciel. C’est que le Créateur voit les efforts de chacun et seulement après tout son labeur Il le gratifiera de l’accomplissement de la Mitsva. Comme dit la Guemara Chabbath 104 : « Si une personne cherche à se purifier, elle sera aidée du Ciel ».

Une petite anecdote pourra illustrer ce principe. Il s’agit du frère de rabbi Haïm de Volozhyn qui s’appelait rav Zalman qui était connu comme un grand, très grand, matmid (assidu) dans la Tora. Sur lui, a été dit qu’il connaissait la Tora ENTIEREMENT sur le bout des doigts depuis Aleph jusqu’à Tav. Il avait alors 14 ans et étudiait dans le Beth Hamidrach quand est arrivé un homme à ses côtés qui lui a développé un exposé de Tora sur la massékheth Dmaï (qui traite des lois des prélèvements des récoltes des gens ignorants). Le jeune Zalman vit que notre homme ne maitrisait visiblement pas son sujet et lui dit que son Dvar Tora ressemblait à ces fruits qui n’ont pas été bien prélevés (manière gracieuse de lui dire qu’il devait encore apprendre au Beth Hamidrach). Sur ce, notre homme qui le prit mal, sorti tout honteux de la Yechiva. Rav Zalman quant à lui, eut de grand remords, il savait que Yom Kippour expie les fautes vis-à-vis de Hachem mais pas celles vis-à-vis de son prochain tant qu’il ne lui accorde pas son pardon. C’est alors qu’il prit la décision de le retrouver coûte que coûte. Il le rechercha dans tous les Bathé Midrachoth de la ville, les choules, etc., en vain. Sa recherche dura des mois et des mois et son moral était au plus bas. Jusqu’à ce que son beau-père lui envoie un homme qui se fit passer pour notre quidam, mais rav Zalman devina le subterfuge et son mal allait en grandissant presque à en être brisé. Sur ce, comprenant le danger de la situation le grand rav Gaon Eliyahou de Vilna le fit appeler à lui pour le raisonner. Il lui ramena un verset des Tehilim 37 : « Le mécréant scrute le Tsadik et cherche à le tuer, si Hachem ne l’aidait pas (le Tsadik) il ne pourrait rien contre lui ». Les Sages dans la Guemara Soucca (52) enseignent de ce verset que l’impie dont il s’agit ici, c’est notre Yetser Hara qui fait tout pour tuer le ‘Tsadik’ qui est en nous. La fin du verset nous apprend que sans l’aide Divine on ne pourrait rien contre lui, car il est tellement fort ! Le Gaon lui explique alors que les Sages nous dévoilent que l’homme combat son Yetser grâce à son âme, ses forces spirituelles, mais malgré tout la besogne ne sera terminée qu’avec l’aide du Ciel. Hachem examine les pensées et le cœur de l’homme et s’Il voit que l’individu fait TOUS ses efforts alors le Ciel finira le travail. Sans cela, il n’y aura pas d’aide.

Le Gaon continua ainsi : « Mon fils, voilà que tu as fait tous les efforts imaginables pour rechercher cette personne, en vain. Tu n’as plus à te lamenter car il existe beaucoup de cheminements pour le Créateur afin d’amener cette personne à te pardonner. Les Livres saints disent que dans des cas similaires Hachem fera monter des sentiments de PARDON chez la personne et il arrivera jusqu’à t’aimer et te pardonner de tout son cœur ! Comme le verset dans les Proverbes de Salomon dit : « Celui qui va dans les sentiers de Hachem, même ses ennemis feront la PAIX avec lui !» Ce n’est qu’à ce moment-là que rav Zalman reçut le réconfort des paroles presque prophétiques du Gaon et cessa de se lamenter.

Le sippour

Taïer Brouder… Mon cher frère…

Cette semaine je suis tombé sur un assez court sippour véridique qui nous donnera une nouvelle approche dans la vie. De plus il est approprié au Chabbath « Souviens-toi de ce qu’a fait Amaleq » puisque notre histoire se déroule en pleine Shoah. En effet les nazis ressemblaient étrangement à ce peuple du désert qui était venu en découdre avec le Clall Israël alors que nous lui avions rien fait. Ce peuple n’a pas de foi et a en horreur de ce que véhicule le Clall Israël : la confiance en Hachem et l’application de ses commandements (à bon entendeur pour ceux qui ont des réminiscences de ce phénomène à base sociologique/psychiatrique…).

Il s’agit d’un certain rav Israël Klein zatsal qui était un rescapé des camps et vivait en Terre sainte. Il avait l’habitude de rappeler son passé au rav Gamliel Rabinovitch (de Beth Chémech lequel mérite de vous rapporter certains de ses Divré Tora de son feuillet Tiv Hakehila). Une fois il a dévoilé au rav un épisode émouvant de son passage dans un camp et il a rajouté que c’est grâce à cette rencontre qu’il a pu survivre. Il raconte : « La faim était monnaie courante dans les camps (il n’est pas mentionné de quel camp il s’agissait). Les gens mourraient les uns après les autres par manque de nutrition alors que le travail était sans relâche dans les usines allemandes. Une fois reb Israël rencontra dans le camp un individu sans aucune force. La faim le tenaillait tellement qu’il avait des signes de gonflements de tous ses membres par manque de nutrition. Cela faisait des jours que le malheureux n’avait rien mis à sa bouche. Avec le peu de force qu’il lui restait, il essayait de glaner dans des ordures au bout du camp quelque chose à se mettre sous la dent comme des épluchures de pomme de terre ou un morceau de navet pourri… Plus que cela, il n’y avait rien à espérer. Reb Israël le prit en pitié, il avait tellement faim que l’inconnu ne pouvait plus se tenir debout… Mais comment venir à son aide ? C’est vrai que lui-même (Israël) n’avait pas gonflé, mais il ne mangeait pratiquement rien à longueur de journée. Il ne pouvait pas l’aider sur le plan alimentaire mais il ne pouvait pas passer sa route sans le remarquer : c’était impossible. Israël s’est rapproché de l’affamé et lui dit en Ydish : « Reb Yid (juif), en quoi je peux venir à ton aide ? » C’était une question bête car il n’avait rien à lui proposer. Le pauvre répondit : « Epess Essen…Un petit peu à manger. » Israël n’a rien à lui donner : ni pour lui, ni pour cet ami d’infortune. Seulement il dira : « Vois-tu mon cher frère (pour ceux qui connaissent : « Taïere Brouder ») …malheureusement je n’ai rien à t’aider pour la nourriture. Je suis comme toi, nous sommes sur le même bateau. Mais une chose je peux te donner, et cela je l’ai en grande quantité « liebenshaft »… de l’amour ! Je t’aime parce que tu es un saint juif… Ton âme et la mienne sont similaires, nous faisons partie du même peuple ». A ce moment Israël s’est rapproché de ce pauvre homme et l’a étreint avec beaucoup de force et l’a embrassé. « Cher frère, je t’aime, cher Juif, je t’aime… ». Les deux camarades ont pleuré spontanément tandis qu’Israël criait » je t’aime, tu es juif, je t’aime ! » Les deux sont restés ensemble, chacun étreignant son ami… Les deux ont trouvé un peu d’humanité dans l’enfer terrifiant dans lequel ils étaient plongés depuis des mois… Avant qu’ils ne se séparent, Israël dit à l’oreille de son ami : « Que ce soit clair pour toi, même si la situation est si basse, que notre peuple est déshonoré, sache que Hachem nous aime, car nous sommes ses enfants aimés… »

Que vous le croyez ou non, cette rencontre a rempli le cœur du pauvre affamé de nouvelles forces. De l’énergie est rentré directement dans ses veines, dans son corps et son âme. Il avait retrouvé à nouveau des forces pour chercher de la nourriture jusqu’à ce… qu’il en trouve ! Depuis lors les deux hommes sont restés liés par une alliance de fraternité. Ils sont devenus liés par les âmes et ils ont ENSEMBLE traversé l’enfer des camps germains en terre polonaise et toutes les immondices inimaginables. Ils continuèrent tout le long de leur détention à se renforcer l’un avec l’autre. Les deux survécurent aux atrocités et chacun fondèrent après-guerre de grandes familles… MAGNIFIQUE !

Reb Israël apprenait de sa propre histoire que lorsque l’on a de la vraie miséricorde et que l’on aime sincèrement son prochain alors cela adoucit tous les pires décrets du Ciel. Comme la Guemara dans Chabbath (151:) l’enseigne : « Tout celui qui a de la miséricorde pour ses créatures, le Ciel aura de la miséricorde pour lui ». Reb Israël disait que c’est par le mérite de cet amour fraternel qu’ils sont restés les deux en vie.

Et je pense que c’est intimement lié avec la guerre d’Amaleq contre notre peuple. Car ils s’attaquent à la spiritualité d’Israël. Ils ne veulent pas entendre (et tous leurs compères) qu’il y a une possibilité à l’homme de faire du bien, de vivre suivant des valeurs transcendantes. En s’attaquant au peuple du Livre, il s’attaque à la représentation de Hachem sur terre. Le saint Zohar enseigne : « Hachem, le Clall Israël et la Tora font une unité ». Alors si nous développons l’amour entre les parties de notre peuple (et en particulier au sein de nos familles) alors on récoltera les morceaux et Hachem pourra nous prodiguer de son bien. Le verset dans les Proverbes/Michelé (ch 27) : « Ton ami, et l’ami de ton père, ne l’abandonne pas ! » Et Rachi (Chabbat 31.) explique que l’ami dont il s’agit, c’est Hachem. Donc si on établit des rapports de fraternité les uns vis-à-vis des autres on mettra en place le premier échelon et Hachem pourra faire Un avec son peuple et nous protéger. Il n’attend que cela.

Coin Halakha : cette semaine à la fin de la Paracha (Maftir) ont lira un 2ème passage qui relate l’épisode déshonorant de l’attaque d’Amaleq dans le désert : Parachath Zakhor. Les Poskim (décisionnaires, le Choul’han ‘Aroukh 685, écrit « Yech omerim) rapportent que c’est une Mitsva de la Tora d’écouter ce passage (toute l’année, écouter la lecture hebdomadaire de la Tora est un ordonnancement de Moché Rabbénou). Il ne suffit pas de se remémorer l’évènement il faut l’écouter à partir d’un Séfer Tora cacher. Donc on s’efforcera ce Chabbath à venir (à pied… pour sûr) écouter cette lecture à la synagogue dans un Minian. Puisqu’il s’agit d’une Mitsva, il faudra que le ‘Hazan ait l’intention de nous rendre quitte de la Mitsva et que les auditeurs se rendent quitte de la lecture.

Le jour de Pourim (vendredi 14 Mars) on veillera à donner à au moins deux pauvres un don à chacun. C’est de la nourriture mais cela peut être de l’argent. Le Michna Beroura rapporte qu’à partir de quelques centimes d’Euros on sera quitte, seulement il est préférable de donner à chaque pauvre au moins de quoi s’acheter un repas (fallafel et Coca) l’équivalent d’une quinzaine de shékels pour chacun (le rav Elyachiv zatsal préconisait 50 shékels, en France on fera son calcul de quoi donner un sandwich à chacun) Choul’han ‘Aroukh 694.1.

Les Poskim tranchent qu’on sera quitte aussi en donnant le don à un organisme de Tsedaka qui lui-même reversera les sommes reçues durant Pourim (on pourra faire le virement à l’association quelques jours avant Pourim en précisant que c’est pour transmettre le jour même).

Le Rambam enseigne qu’il est souhaitable de multiplier les dons aux pauvres plus encore que de faire un somptueux festin.

Chabbath Chalom et à la semaine prochaine, si D’ le veut.

David Gold

Tél : 00972 55 677 87 47

Email : dbgo36@gmail.com

Une bénédiction de bonne santé à Ya’akov Hassoun et à son épouse (Raanana) et un bon Limoud (avec sa nouvelle ‘Havrouta) au sein du cadre magnifique du Collel du rav Asher Brakha-Bénédict chlita (Rehov Palmah 15 / Raanana)

Une berakha au rav Chimon Adida et à son épouse (Elad) à l’occasion du mariage de leur fille, Mazel Tov !

Et toujours une très belle demeure vous est proposée dans l’agglomération de Yavniel (au sud de Tibériade) pour passer de magnifiques Chabbatoth et des journées de repos. Prenez contact au 052 767 24 63

Pour ceux qui veulent profiter de notre feuillet pour toutes sortes d’annonces, veuillez prendre contact au 055 677 87 47

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