« Vide organisationnel » et salaires retardés : les difficultés du Hamas au pouvoir après les éliminations

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Le journal Asharq Al-Awsat, publié à Londres en arabe, a rapporté que le Hamas fait face à une crise organisationnelle majeure suite à une série d’éliminations ciblées de ses dirigeants par Tsahal dans la bande de Gaza depuis la reprise des combats. Selon des sources citées, ces assassinats de responsables politiques, militaires et administratifs ont profondément perturbé la structure décisionnelle du mouvement terroriste.

Ynet

Un vide au sommet

Durant la trêve de près de deux mois, le Hamas avait réorganisé sa hiérarchie en attribuant de nouveaux rôles dans la direction du mouvement. Cela avait permis la tenue rapide d’élections internes, renforçant la position de Khalil al-Hayya, qui avait remplacé Yahya Sinwar après son élimination en octobre 2024.

Mais depuis la reprise des hostilités, plusieurs de ses collaborateurs proches – notamment Mohammed Jamasie, Yasser Harb, Ismail Barhoum et Issam al-Da’alis – ont été éliminés par des frappes israéliennes. Résultat : le Hamas est confronté à une paralysie interne, aggravée par la poursuite du ciblage de ses dirigeants, tous niveaux confondus.

Salaires retardés, communication perturbée

Le vide organisationnel a mené à des retards de paiement des salaires des employés civils du Hamas. Les responsables militaires et politiques n’ont reçu qu’environ 60 % de leur rémunération lors de l’Aïd al-Fitr. Selon les sources, l’armée israélienne poursuit les dirigeants financiers du Hamas, rendant toute gestion plus difficile.

En l’absence de direction stable, le Hamas fonctionne actuellement selon un système provisoire : un « conseil de direction » composé de 5 à 7 membres, principalement des chefs régionaux, prend les décisions clés. Ces derniers ne consultent le bureau politique qu’en cas d’urgence. Mohammed Darwish, chef du conseil consultatif du Hamas, est actuellement à la tête de cette instance après la mort d’Osama al-Mazini.

Un bureau politique décimé

Sur une vingtaine de membres du bureau politique du Hamas, environ 15 ont été tués dans la bande de Gaza. Hormis Ismaïl Haniyeh et Saleh al-Arouri, tués à l’étranger, le cœur de la direction a été frappé de plein fouet.

Les sources au sein du Hamas indiquent que, malgré ce nouveau mode de gouvernance, certaines lignes rouges demeurent : aucune décision cruciale, notamment sur les négociations, ne peut être prise sans l’accord de la branche militaire d’Al-Qassam, dirigée actuellement par Mohammed Sinwar.

Résilience affichée

Malgré la situation, des responsables du Hamas ont confié à Reuters que l’organisation a réussi à maintenir un semblant de gouvernance civile durant la guerre, notamment grâce à Issam al-Da’alis, ex-chef du gouvernement à Gaza, qui se déplaçait en secret pour continuer à gérer les affaires publiques. Il utilisait des billets manuscrits pour communiquer et gardait un profil bas pour éviter d’être ciblé.

Une stratégie d’adaptation

Enfin, des sources au Asharq Al-Awsat soulignent que le Hamas envisage de renoncer à son contrôle civil sur Gaza, pour « respirer un peu », mais refuse catégoriquement d’abandonner ses armes. D’après elles, le Hamas disposerait encore de « cartes supplémentaires » au-delà des otages, sans donner plus de détails.

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