Le tribunal de première instance de Rishon LeTsion a tenu aujourd’hui une audience concernant la demande de prolongation de la détention de Yonatan Ourich et Eli Feldstein dans le cadre de l’affaire QatarGate. Pour la première fois, le tribunal a décidé, dans un geste sans précédent, de révéler précisément ce sur quoi que la police enquête.
Ma’ariv
Selon le juge Mena’hem Mizrahi (notre photo) : « Il existe un soupçon raisonnable concernant les faits suivants : une société américaine nommée The Third Circle, soupçonnée d’être détenue par Jay Foutlik, active notamment dans la promotion des intérêts du Qatar dans plusieurs pays, y compris en Israël, a établi des liens directs et indirects avec Yonatan Ourich dans le but de promouvoir une image positive du Qatar dans l’affaire des otages et de diffuser des messages négatifs sur l’Égypte, présentée comme médiatrice, afin de rehausser le prestige du Qatar. »
« Pour cela, une connexion économique et commerciale a été mise en place, par l’intermédiaire d’Ourich et d’un autre suspect, impliquant le versement d’une somme d’argent par cette société à Eli Feldstein, via Gil Berger. Selon les soupçons, les trois ont œuvré ensemble à transmettre des messages à des journalistes, qui ont été relayés dans les médias sous forme d’articles favorables au Qatar, tout en minimisant le rôle de l’Égypte comme médiateur équitable, et en influençant concrètement l’agenda médiatique. »
Le juge Mizrahi a expliqué sa décision d’exposer les bases de l’enquête : « J’ai pris soin de détailler les faits — contrairement à ma pratique habituelle dans ce type de décisions — en raison du fait que, malheureusement, l’ordonnance de non-publication a été bafouée, sans que la partie requérante n’ait pris de mesures pour en assurer l’application, ce qui a entravé le bon déroulement de l’enquête. Cette situation suscite des soupçons relatifs aux infractions reprochées aux suspects. Je souligne qu’il s’agit uniquement de soupçons, mais suffisants, selon la loi, pour justifier cette demande. »