Dans une enquête dramatique publiée ce jeudi sur les événements du festival Nova le 7 octobre, l’équipe dirigée par le général de réserve Ido Mizrahi conclut que Tsahal a échoué à protéger le site, et que la personne clé ayant sauvé des milliers de festivaliers est un officier de police : le commandant de la station d’Ofakim, le surintendant en chef Nibi Ohana.
JDN
Un officier de police a empêché un désastre bien plus grand
Dès 6h29, au début de l’attaque du Hamas, Ohana a identifié un tir de roquettes anormal et a ordonné immédiatement l’évacuation des festivaliers. Selon l’enquête, cette décision rapide a probablement empêché environ 2 000 morts supplémentaires et des centaines d’enlèvements. « À bien des égards, et en plus de la bravoure des policiers et des soldats, Nova relève du miracle », dit le rapport.
Il a utilisé le système de sonorisation pour demander aux participants de fuir rapidement, avant même de savoir que 1 500 terroristes du Hamas étaient en train d’envahir l’ouest du Néguev. Juste avant 7h00, il a quitté les lieux, après avoir reçu des rapports de tirs à Ofakim. Mais avant cela, ses équipes avaient ouvert deux voies d’évacuation rapides sur la route 232 – une vers le nord et une vers le sud.
Une autre décision salvatrice fut l’ouverture d’une voie de fuite improvisée vers l’est, en direction du moshav Patish. De nombreux festivaliers ont ainsi pu s’échapper et survivre.
Tsahal a « oublié » la fête pendant l’attaque
L’enquête révèle que le colonel Haïm Cohen, commandant de la brigade nord de la division Gaza, avait d’abord refusé d’autoriser le festival, situé à seulement 4 km de la frontière, mais la décision avait été renversée par le Commandement Sud. Toutefois, aucune mesure n’a été prise malgré des signes inquiétants la veille de l’attaque. Le matin du 7 octobre, alors que l’invasion avait commencé, personne à Tsahal n’a pensé à la fête.
Le premier renfort militaire organisé n’est arrivé sur les lieux qu’à 11h20, soit cinq heures après le début de l’attaque, alors que 378 civils, policiers et soldats avaient déjà été tués, et 44 personnes enlevées.
Une erreur de navigation du Hamas
Le rapport révèle une ironie tragique : la compagnie d’élite du Hamas (No’hba), qui a perpétré le massacre, devait initialement se diriger vers Netivot, mais s’est égarée et a rencontré les participants de la fête en pleine fuite.
Les policiers comme seul rempart
L’enquête souligne que les policiers présents ignoraient qu’ils seraient la seule ligne de défense. Il n’y avait aucun officier de liaison de Tsahal au poste de commandement de la police, aucune coordination entre les forces. Le premier renfort est arrivé grâce à un soldat de 19 ans en congé qui assistait à la fête et a réussi à appeler à l’aide depuis sa cachette.
Une fête autorisée à la dernière minute
La fête Nova, organisée chaque année dans un lieu différent, n’avait été autorisée que deux jours avant, après examen juridique. La veille avait eu lieu une autre fête au même endroit, appelée “Unity”, qui s’était terminée vendredi après-midi. La fête Nova avait débuté vers 22h00, avec des milliers de nouveaux participants.
Des organisateurs exemplaires
L’enquête félicite les organisateurs pour avoir obtenu les autorisations nécessaires, et pour être restés sur place durant l’attaque, où plusieurs agents de sécurité ont été tués ou enlevés. Sur environ 3 500 participants, il y avait 400 membres du personnel, 31 policiers, 75 agents de sécurité non armés, ainsi que des médecins et secouristes. Environ 80 à 90 % des personnes présentes ont survécu, selon le rapport.
Le rapport a été présenté aux chefs d’état-major Eyal Zamir et Herzi Halevi, ainsi qu’aux familles des victimes et des otages. Tsahal a déclaré que le rapport a été bien reçu et qu’il en tirera les leçons nécessaires.