Pas d’avenir pour les chrétiens ou les autres « infidèles »
par Lawrence A. Franklin
[Ahmed] Al-Sharaa, lors de son arrivée au pouvoir en Syrie en décembre, s’était initialement présenté comme un « modéré ». L’administration Biden a même levé une prime de 10 millions de dollars pour son arrestation, pour des activités terroristes antérieures liées à Al-Qaïda, vraisemblablement dans l’espoir d’une véritable modération. Depuis lors, cependant, al-Sharaa et ses partisans se présentent davantage comme des terroristes en costume-cravate.
La nouvelle constitution du pays, publiée le 14 mars, stipule que la jurisprudence de la charia islamique est la seule source de décision judiciaire. Cette constitution affirme également que le président syrien doit être musulman et que le pouvoir exécutif dispose de pouvoirs quasi dictatoriaux. De plus, elle ne contient aucune disposition protégeant les minorités ethniques ou religieuses syriennes, parmi lesquelles figurent les chrétiens, les alaouites, les kurdes et les druzes.
Certaines minorités syriennes ont sollicité l’aide d’Israël, voisin. Certains chefs de communautés druzes ont même demandé officiellement à Israël d’annexer leurs villages. Israël a établi une « zone tampon » stratégique dans les zones syriennes adjacentes à la frontière commune des deux pays, afin de dissuader d’éventuelles attaques djihadistes et turques, et pourrait à nouveau se révéler le principal protecteur des minorités menacées.