L’Iran espère-t-il que la Russie pourra le sauver des frappes américaines ?
Moscou, Téhéran et Washington : un équilibre fragile
L’Iran peut-il compter sur la Russie pour dissuader les États-Unis de lancer une offensive contre lui ? Téhéran semble s’accrocher à cette idée, alors que Moscou critique ouvertement les menaces américaines. Mercredi, Sergueï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a fustigé les avertissements de Washington. L’Agence de presse de la République islamique (IRNA) relaie ses propos, qui s’inscrivent dans une stratégie bien rodée : mettre en garde contre toute action militaire américaine.
Un soutien russe à double tranchant
Le Kremlin, plongé dans ses propres tractations avec Washington sur l’Ukraine, pourrait bien vouloir lier ces discussions à un arrangement incluant l’Iran. L’Arabie saoudite a d’ailleurs accueilli certaines de ces négociations. Donald Trump, fraîchement réinstallé à la Maison-Blanche, y effectuera son premier voyage officiel. L’hypothèse d’un accord global qui protégerait Téhéran n’est donc pas à exclure.
Menaces, ultimatums et diplomatie sous tension
Le discours musclé de Washington alimente les tensions. En toile de fond, une lettre adressée par Trump à l’Iran via les Émirats arabes unis, proposant un accord. L’ex-locataire de la Maison-Blanche, fidèle à son style direct, fixe un ultimatum : Téhéran a un mois et demi pour entamer des discussions. Faute d’accord, il promet des frappes ciblées.
Moscou ne cache pas son agacement face aux injonctions américaines. « Nous condamnons ces méthodes et les considérons comme une tentative d’imposer la volonté de Washington à l’Iran », déclare Riabkov. Le Kremlin suggère de jouer le rôle de médiateur entre les deux ennemis, une posture qui fait écho à ses propres discussions avec les États-Unis sur l’Ukraine.
Un accord global en gestation ?
L’idée d’un compromis à large spectre germe dans les chancelleries. Un deal qui couvrirait à la fois la situation en Ukraine et le programme nucléaire iranien pourrait donner à Moscou l’avantage diplomatique. Poutine, stratège aguerri, sait que jongler avec ces dossiers pourrait renforcer sa position sur la scène internationale.
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