Le chef de la division juive du Shin Bet dans une déclaration choc : « Nous procédons à des arrestations sans preuves »
JDN
Le chef de la division juive du Shin Bet (service de sécurité intérieure israélien) a été enregistré en train de dire au commandant de la police régionale de Judée-Samarie qu’il arrêtait des suspects sans preuves et les a qualifiés en termes méprisants.
À la suite de cette révélation, le commandant de l’unité de police de Judée-Samarie, le commissaire Avishai Moalem, a été mis en congé forcé.
Réaction du Shin Bet : les propos se réfèrent uniquement à des fauteurs de troubles soupçonnés d’activités terroristes, ayant « pris la loi entre leurs mains ».
L’enregistrement, diffusé hier soir dans l’émission « Sheva » avec Ayala Hasson sur Kan 11, capte une conversation troublante dans laquelle un haut responsable du Shin Bet déclare à Moalem : « Nous voulons toujours les arrêter pour les interroger, autant que possible. Regarde comment se passent les interrogatoires au Shin Bet. Nous arrêtons ces colons même sans preuves, pour quelques jours. »
Lorsque Moalem l’a mis en garde : « Ils vont nous démolir pour ça », le chef de la division a répondu : « C’est géré directement par le bureau du chef du Shin Bet avec le ministre de la Défense. »
Puis il a ajouté avec mépris : « Mets-les dans des cellules avec des rats. »
Moalem cherche alors à comprendre sur quelle base juridique il peut arrêter les suspects :
Moalem : « Mais sur quoi je les arrête, au juste ? »
Chef de la division : « D’abord, tu les attrapes dans une voiture venant de Havat Gilad, peut-être qu’ils avaient du matériel inflammable, peut-être qu’ils sentent l’essence. »
Moalem : « Laisse tomber, s’il n’y a rien, qu’est-ce qu’on fait ? On les arrête pour rien ? »
Chef de la division : « On a déjà fait ça plein de fois. Alors pourquoi il n’y a pas d’arrestations ? Pourquoi on ne dresse pas de barrages ? Ils viennent de Binyamin à Yitzhar, continuent vers Havat Gilad, il faut les arrêter à chacun de ces endroits. »
Plus loin, quand Moalem demande :
« Et l’armée, où est-elle ? »
Le chef du Shin Bet réplique violemment :
« L’armée ne sait rien. Ce n’est pas une armée. Elle est au Liban et à Gaza. Ce n’est pas une armée, c’est du n’importe quoi, ce sont des milices, ce sont les colons eux-mêmes. »
Ben Gvir exige :
« Le chef de la division juive doit être limogé ce soir »
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a réagi vivement :« Le chef de la division juive doit être limogé immédiatement. Je vais demander au Premier ministre de convoquer le chef du Shin Bet pour un entretien. »
Il a accusé : « La division juive du Shin Bet, sous Ronen Bar, agit comme une mafia, persécute les colons de manière illégale, traite les soldats héroïques de Judée-Samarie de ‘miliciens’, et monte des dossiers contre un officier de police exemplaire qui a refusé de céder à leurs méthodes mafieuses. C’est une suite directe de l’espionnage du Shin Bet contre la police et les services pénitentiaires. Il faut en finir avec cette criminalité sous couvert légal. »
Enquête parallèle sur Avishai Moalem
Le commissaire Avishai Moalem, placé en congé forcé, est également soupçonné dans une autre affaire, liée à des proches du ministre Ben Gvir.
Selon des documents judiciaires, il est suspecté d’avoir divulgué des informations classifiées au ministre, et d’avoir mal géré des affaires de criminalité nationaliste en Judée-Samarie.
Par ailleurs, il est soupçonné d’avoir tenté d’influencer sa promotion dans la police, d’avoir aidé à effacer le casier judiciaire d’un homme d’affaires en échange d’une place de partenaire dans l’entreprise de sa femme, de ne pas avoir signalé un risque d’attentat à l’étranger, et d’avoir versé un pot-de-vin à une personnalité haut placée.
Moalem nie l’ensemble des accusations portées contre lui.
Réaction officielle du Shin Bet :
« Il s’agissait d’une conversation concernant uniquement des fauteurs de troubles soupçonnés de terrorisme, qui ont agi en dehors du cadre légal. »
Toutefois, ajoute le Shin Bet : « Le ton et le contenu de ces propos ne correspondent pas aux valeurs ni à la conduite professionnelle du service.
Le chef du service a ordonné l’ouverture d’une enquête interne sur le chef de la division concernée, et les résultats lui seront présentés. »
Il est précisé : « Les arrestations de citoyens israéliens soupçonnés d’activités terroristes sont effectuées après une évaluation professionnelle rigoureuse, basée sur des renseignements examinés par des cadres supérieurs, puis soumis à un contrôle judiciaire indépendant. Cela ne justifie en rien les propos tenus dans cette conversation. »