« Je n’aurais jamais pu l’imaginer, même dans mes pires cauchemars »

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Tzvika Klein, rédacteur en chef du journal The Jerusalem Post, récemment arrêté dans le cadre de l’affaire dite « Qatargate » pour soupçon de réception d’avantages de la part du Qatar en échange d’une couverture médiatique favorable, a publié ce soir (jeudi) sa première déclaration officielle, longue et détaillée. Il y décrit l’affaire comme le pire cauchemar de sa vie et affirme : « Je n’ai reçu aucun avantage du Qatar ».

JDN

Tzvika Klein a été placé en résidence surveillée pendant trois jours, puis libéré. Le principal soupçon à son encontre repose sur son voyage au Qatar en mai 2024, durant lequel il aurait rencontré de hauts responsables qataris, y compris le Premier ministre. La conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, a évoqué un soupçon sérieux selon lequel Klein et certains conseillers du Premier ministre faisaient partie d’un système visant à recevoir des avantages du Qatar pour promouvoir ses intérêts.

« Je m’appelle Tzvika Klein. Je suis le rédacteur en chef de The Jerusalem Post. Cette semaine, j’ai été arrêté. Assigné à résidence. Je suis passé du statut de serviteur du public à celui de suspect. Je n’aurais jamais pu imaginer cela, même dans mes pires cauchemars. »

Klein retrace ensuite son parcours : « Je n’ai pas toujours été journaliste. Je suis né à Chicago, dans une famille sioniste. Mes parents, Charles et Beverly Klein, ont grandi dans le mouvement Bnei Akiva. Nous avons immigré en Israël en 1985. J’ai été animateur dans Bnei Akiva, puis j’ai servi dans Tsahal, où j’ai fondé la cellule presse religieuse et orthodoxe. Depuis, je vis et respire le journalisme. »

Il explique avoir dédié sa carrière à renforcer le lien entre la diaspora juive et Israël, notamment en créant une section dédiée dans Makor Rishon, puis en rejoignant The Jerusalem Post il y a trois ans.

« À la fin 2023, juste avant la guerre, j’ai été nommé rédacteur en chef. Le Qatar devenait un acteur clé dans les négociations entre Israël et le Hamas. J’ai contacté des représentants du gouvernement qatari, et après négociation, j’ai été le premier journaliste israélien à interviewer le Premier ministre du Qatar. L’article a été publié fièrement, en toute transparence, selon les standards journalistiques les plus élevés. »

Il insiste :« Je n’ai rien reçu. Ni argent, ni faveur, ni promesse. J’ai même accepté qu’un attaché de presse du Qatar propose l’article à d’autres médias, et les interviews ont été diffusées sur les chaînes 12 et 13. Rien n’a été dissimulé. Tout était public. »

Klein raconte également son interrogatoire douloureux : « Lors de ma convocation à la police, j’ai accepté de venir comme citoyen respectueux de la loi. Et là, tout a basculé. En pleine déposition, on m’a informé que je devenais suspect. Mon téléphone a été saisi sans mandat. J’ai été interrogé pendant 12 heures, seul, sans contact avec ma femme à l’étranger ni mes enfants. Puis il y a eu des fuites dans la presse, auxquelles je ne pouvais pas répondre. Mon honneur a été sali, et la vérité, elle, n’est pas encore sortie. »

Il conclut : « Ce n’est qu’après plusieurs jours de silence que des voix du public ont commencé à protester. Des collègues, journalistes, rédacteurs, ont dit : “Comment est-il possible qu’en Israël, un journaliste soit arrêté pour avoir fait son travail ?” Aujourd’hui, je suis totalement libéré, sans condition. »

« Cette affaire ne me fera pas reculer, ni moi ni mon équipe. Nous n’obéissons à personne, ne servons aucun intérêt étranger. Notre seule obligation est envers vous, les lecteurs.
Le droit du public à l’information est notre devoir. Je suis fier de notre journal, de notre équipe, et d’être un journaliste israélien dans un pays démocratique. J’espère simplement que les autorités judiciaires ne l’oublieront pas. »

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