Ceux qui pensent que le Qatar agit seulement en Israël se trompent : c’est sa stratégie d’influence mondiale

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Le Dr Ariel Admoni, spécialiste du Qatar à l’université Bar-Ilan, a expliqué lors de son intervention sur la radio 103FM, dans l’émission de Nissim Mishal et Geoula Even-Saar, comment le Qatar exerce son influence dans le monde entier – en s’appuyant sur des entreprises, les médias, et la corruption comme outil légitime.

Be’hadré ‘Harédim

Selon lui, Israël n’est pas un cas particulier dans l’ingérence qatarie : « Je ne commenterai pas une affaire spécifique, mais croire qu’Israël est un cas isolé est une forme de naïveté. Prenez la France par exemple : un haut responsable d’un fonds d’investissement qatari, qui devait porter la flamme olympique à Paris, est actuellement sous enquête. C’est là le savoir-faire qatari : s’infiltrer via des entreprises légitimes pour ensuite agir de l’intérieur. »

Le Dr Admoni explique que le Qatar utilise la corruption de manière stratégique pour accroître son influence, et investit massivement dans la gestion de son image médiatique : « On a assisté à une offensive de charme envers les médias israéliens et américains. Le Qatar cherche à se présenter comme un acteur neutre et non hostile. On l’a vu dans The Jerusalem Post et d’autres médias. L’ambassadeur du Qatar à Londres a même déclaré que l’émir méritait un prix Nobel de la paix — et il ne l’a pas dit par hasard, mais bien dans un média israélien. »

Concernant le rôle du Qatar dans les accords liés aux otages, Admoni affirme qu’il s’agit d’une manœuvre liée à son image : « La cause des otages a été instrumentalisée pour redorer l’image du Qatar. Pour eux, l’affaire Qatargate est une campagne de diffamation destinée à détourner l’attention. Les otages sont devenus un outil pour éclipser les critiques et présenter le Qatar comme un médiateur utile, alors que son objectif réel est d’avoir accès aux centres de pouvoir. »

Il précise aussi que l’influence médiatique qatarie ne passe pas uniquement par Al Jazeera : « Ils utilisent aussi des sites web qui les relaient favorablement. Les médias israéliens eux-mêmes ont servi de véhicules d’influence. Les Qataris ont parfaitement compris la puissance des médias, et savent l’exploiter habilement. »

Sur le plan stratégique global, Admoni explique : « Dans le Golfe, il existe une perception selon laquelle la route vers Washington passe par Tel-Aviv. Certains disent même que cela relève d’une vision antisémite, comme si les Juifs contrôlaient le monde — mais aussi parce que le monde entier suit de près ce qui se passe en Israël. »

Quant à la réaction du Qatar face aux révélations, il indique : « Il y a une volonté claire de minimiser la couverture médiatique. Al Jazeera n’en a parlé que dans sa version arabe. D’autres journaux y ont fait référence, mais de manière très limitée. On tente aussi de dévier l’attention vers d’autres affaires impliquant Netanyahou. Le Premier ministre qatari a même réagi avec mépris, qualifiant de “ridicules” les accusations selon lesquelles ils seraient des démons se mêlant de tout, et a affirmé que le Qatar était totalement “innocent”. »

En conclusion, le Dr Admoni déclare : « Le Qatar est un État subversif, qui agit sur deux fronts : à la fois face aux gouvernements légitimes et via des organisations qui s’opposent à eux. Ils ne sont pas le Hamas — car ils l’ont trahi aussi — mais ils ont bien armé des groupes terroristes. Des rapports datant de 2014 mentionnent la fourniture de systèmes d’armes, et en 2017, leur fonds pour l’éducation aurait transféré des armes au Hezbollah. »

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