Eli Sharrabi (à droite sur la photo) révèle son histoire de captivité et déclare : « La force de la foi est incroyable »
Eli Sharrabi a accordé sa première interview aux médias israéliens et a raconté les dures expériences qu’il a vécues en captivité entre les mains des terroristes du Hamas. C’est sa foi en le Créateur qui lui a donné la force de surmonter d’immenses difficultés. Eli a déclaré : « La force de la foi est incroyable. Vous sentez qu’il y a quelque chose qui veille sur vous. »
JDN
Eli Sharabi a passé 491 jours en captivité entre les mains des terroristes du Hamas dans la bande de Gaza. Ce n’est qu’après son retour en Israël qu’il a appris la tragédie qui l’avait frappé : sa femme et ses filles ont été massacrées lors du pogrom de Be’eri, et son frère Yossi a également été assassiné en captivité par le Hamas.
Hier, il a donné sa première interview, insistant sur son souhait de parler au peuple d’Israël et de partager son histoire déchirante.
« Je me bats pour ceux qui restent en captivité »
Eli Sharabi explique qu’il a choisi de témoigner avant tout pour les otages encore retenus à Gaza, et en particulier pour Alon Ahal, un jeune homme qu’il a rencontré en captivité.
« Il est entré dans mon cœur. Dès le premier instant, je l’ai adopté. Je connais tout de lui, de sa famille – chaque date, chaque passe-temps de sa sœur, de son frère, de ses parents. Comment peut-on l’abandonner là-bas ? »
Il décrit leur séparation comme l’un des moments les plus douloureux : « Le jour où je suis parti, les terroristes nous ont arrachés l’un à l’autre, il refusait de me laisser partir. C’était un moment extrêmement difficile. Il m’a dit qu’il était heureux pour moi, et moi, je lui ai promis que je ne l’abandonnerais pas, que je me battrai pour lui. Je lui ai dit que ce n’était qu’une question de jours, vraiment. »
Les heures de terreur au kibboutz Be’eri
Dans une interview accordée à l’émission « Uvda », Eli Sharabi revient sur son enlèvement brutal depuis son domicile au kibboutz Be’eri, et sur l’adieu tragique à sa femme Lian et à ses filles, Noya et Yahel.
« La scène était tout simplement horrible, une peur indescriptible. Dix terroristes dans la maison. Deux d’entre eux me saisissent, attrapent mes filles et les emmènent dans la cuisine. Pendant tout ce temps, Lian leur répète : ‘Passeport britannique !’, pensant que cela pourrait les protéger. Je savais que j’allais être kidnappé, c’était clair pour moi. »
« J’ai crié à mes filles : ‘Je reviendrai !’ Et à partir de là, je suis passé en mode survie. Peu importe ce qui m’arrivait, peu importe ce qu’ils me faisaient, je reviendrais. Je n’oublierai jamais le regard dans leurs yeux, elles étaient terrorisées. J’espère qu’elles n’ont pas souffert. »
Un calvaire à Gaza : la survie en captivité
Eli raconte comment, après son passage de la frontière vers Gaza, il a failli être lynché par la foule locale. Il a passé les deux premiers mois enfermé dans un appartement, avant d’être transféré dans un tunnel souterrain, où il a rencontré d’autres otages du kibboutz Nirim : Hersh Goldberg-Polin, Ori Danino et Almog Sarusi.
« J’ai passé trois jours avec eux, et c’était comme si je les avais connus toute ma vie. »
Lorsqu’ils ont été séparés de lui, il a cru qu’ils allaient être libérés. Ce n’est qu’à la fin de sa captivité qu’il a appris avec horreur que les trois avaient été assassinés à Rafah des mois plus tard.
L’annonce brutale du meurtre de son frère Yossi
Deux jours avant sa libération, Eli a appris de la pire des manières que son frère Yossi avait été tué.
« Ce ‘commandant de détention’, comme ils l’appellent, est venu me voir, tout fier de m’annoncer la nouvelle. Il m’a montré une photo de Yossi et m’a dit que l’armée de l’air israélienne l’avait tué. Je l’ai regardé et j’ai juste répondu : ‘D’accord’. Mais je ne voulais pas y croire. »
Plus tard, son voisin du kibboutz, Ohad Ben Ami, également détenu par le Hamas, lui a confirmé la terrible nouvelle peu avant leur libération : « Il m’a pris à part et m’a dit : ‘Tout ce qu’on t’a dit est vrai.’ C’était comme un coup de marteau de cinq kilos sur la tête. »
Des conditions de détention inhumaines
Sharabi décrit l’horreur absolue de la captivité dans les tunnels où il était détenu avec Or Levy, Elia Cohen et Alon Ahal.
« Tu es à 50 mètres sous terre, les conditions sanitaires sont insoutenables. Tu te douches une fois par mois avec une bouteille d’eau, avec un demi-seau d’eau froide. Les chaînes aux pieds ne m’ont jamais quitté, du premier au dernier jour. Certains étaient attachés une partie du temps, mais moi, j’ai été enchaîné aux pieds pendant un an et quatre mois, avec des verrous lourds qui te déchirent la peau. »
Il insiste sur le fait que la faim était pire que la violence physique : « L’idée qu’une personne libre puisse simplement prendre un fruit ou un verre d’eau… c’est tout ce dont tu rêves. Les coups qu’on te donne, les côtes qu’ils m’ont brisées, tout ça… ça ne compte pas. Donnez-moi juste un morceau de pain en plus. Tu vois ton ventre se creuser, et à un moment donné, tu ne crois plus que ton corps puisse survivre à ça. Dans les pires périodes, on mangeait une seule fois par jour : un bol de pâtes, 250 à 300 calories. »
« Chaque déclaration politique nous mettait en danger »
Sharabi affirme que les déclarations des dirigeants israéliens dans les médias avaient un impact direct sur les conditions de détention des otages : « À leur comportement, tu pouvais savoir ce qui se disait aux infos. C’est pour cela que la responsabilité est entre les mains des dirigeants. Leurs déclarations publiques ont un impact énorme, car les terroristes les écoutent en permanence. À chaque déclaration irresponsable, ce sont nous, les otages, qui subissions les conséquences en premier. »
Il explique que les gardiens utilisaient les discours politiques israéliens comme justification pour intensifier les mauvais traitements : « Si nos prisonniers n’étaient pas nourris, nous ne l’étions pas non plus. S’ils étaient battus, nous étions battus. S’ils n’avaient pas droit à une douche, nous non plus. »
« Je suis un homme chanceux »
Malgré les pertes immenses et les souffrances, Eli Sharabi surprend par son état d’esprit apaisé : « Contrairement à ce que les gens pensent, je ne suis pas en colère. J’ai eu la chance d’avoir eu Lian pendant 30 ans. J’ai eu la chance d’avoir mes filles merveilleuses pendant plusieurs années. J’ai eu la chance de ne pas avoir été tué. J’ai eu la chance de pouvoir rentrer chez moi après 16 mois. Je suis un homme chanceux. »
« La foi m’a sauvé »
Eli raconte que la foi l’a aidé à tenir le coup : « Je ne suis pas un homme religieux, mais là-bas, dès le premier jour de ma captivité, chaque matin, j’ai récité le ‘Chema’ Israël’, ce que je n’avais jamais fait auparavant. La foi, c’est une force incroyable. Il y avait quelque chose qui veillait sur moi. »
Son frère Sharon Sharabi a confirmé que, malgré son absence de pratique religieuse avant la guerre, Eli a récité chaque matin le ‘Chema Israël’ et chaque vendredi soir, il récitait le Kiddouch sur un verre d’eau croupie et chantait ‘Esheth ‘hayil’ (Hymne à la femme vertueuse).
« C’est ce qui les a maintenus en vie. Leur esprit les a sauvés. »