Parmi les exigences américaines figure également la coopération accrue de Damas dans la lutte contre le terrorisme. Washington veut notamment s’assurer que des combattants étrangers ne soient pas intégrés à des postes stratégiques au sein du gouvernement syrien. Cette préoccupation fait suite à des nominations de ressortissants étrangers, y compris des Ouïghours, un Jordanien et un Turc, à des postes militaires syriens, suscitant ainsi l’inquiétude de plusieurs nations.
En outre, les États-Unis demandent à la Syrie de faciliter la recherche d’Austin Tice, un journaliste américain disparu il y a plus de dix ans en Syrie. Cette demande s’inscrit dans un cadre plus large de pression diplomatique visant à obtenir des informations sur le sort des citoyens américains portés disparus à l’étranger.
En échange du respect de ces conditions, Washington envisage un allègement partiel des sanctions économiques pesant sur la Syrie. Parmi les mesures envisagées figure une prolongation de deux ans d’une exemption existante permettant certaines transactions avec les institutions gouvernementales syriennes. Une autre possibilité évoquée est l’octroi d’une nouvelle exemption pour certaines opérations financières spécifiques.
Par ailleurs, les États-Unis pourraient publier une déclaration officielle affirmant leur soutien à l’intégrité territoriale de la Syrie, un point potentiellement crucial pour Damas. Cependant, aucun calendrier précis n’a été avancé pour la mise en œuvre de ces mesures.
Le gouvernement syrien n’a pour l’instant pas réagi officiellement à ces propositions. Un porte-parole du département d’État américain a quant à lui refusé de commenter publiquement ces discussions diplomatiques. Toutefois, Tammy Bruce, porte-parole du département, a récemment rappelé que Washington suivait de près l’évolution des actions des dirigeants syriens par intérim.
Cette initiative de Washington intervient alors que le régime syrien tente de se repositionner sur la scène internationale après des années d’isolement. Si ces conditions sont acceptées, elles pourraient marquer un tournant dans les relations entre la Syrie et l’Occident, tout en garantissant un certain contrôle américain sur des aspects clés de la politique syrienne.
Dans ce contexte, Israël suit de près ces négociations. Toute évolution de la politique syrienne, en particulier en matière de sécurité et de coopération antiterroriste, a des implications directes pour la région. Un affaiblissement du pouvoir des groupes extrémistes en Syrie renforcerait ainsi la stabilité d’Israël et permettrait une meilleure sécurisation de ses frontières.
À travers ces exigences, Washington vise donc à influer sur l’avenir du régime syrien tout en s’assurant que la menace des armes chimiques et du terrorisme soit contenue, un enjeu majeur pour la sécurité régionale, notamment pour Israël.
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